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Interview 2018 : Fabien Fernandez
A la Une
Illustratrice de couverture Mélanie Delon
Maison d'édition Lynks éditions
auteur Fabien Fernandez
Pour lesYabook

Rencontre avec Fabien Fernandez pour parler de Dust Bowl, son roman aux éditions Lynks !

« La normalité se crée à force de côtoyer des différences. Peut-être. »

Ya Book : Bonjour Fabien et merci de venir sur ces pages. Pour commencer pourriez-vous vous présenter ainsi que votre parcours pour nos lecteurs ?

Fabien Fernandez : Bonjour, je suis auteur, illustrateur et game designer. Pas forcément dans cet ordre-là mais ça n’a pas d’importance. J’ai commencé ma vie de créateur par du jeu de rôle, à l’âge de 9 ans, en créant des histoires et des univers, j’ai continué par une formation en Arts Appliqués pour créer des visuels et j’ai continué en écrivant des histoires publiées. Aujourd’hui, j’écris des romans qui traitent de personnes, je crée des jeux de rôles et/ou des histoires se déroulant dans les jeux d’autres créateurs, je dessine dans mes carnets de voyage et je scénarise de la bande dessinée.

Ya Book : Vous venez de sortir Dust Bowl, aux éditions Lynks, avec une superbe couverture signée Mélanie Delon. Quel a été le point de départ de ce roman ? Pouvez-vous nous le présenter rapidement ainsi que ses protagonistes principaux, Kush et Ruben, un tandem plutôt improbable ?
 


Fabien Fernandez : Dust Bowl est une période historique visuellement très forte, avec des tempêtes de sables qui traversent un pays dans les années 30 ; j’ai eu la chance d’avoir une artiste aussi forte que Mélanie Delon pour mettre cela en image. Le point de départ de cette histoire, est la série Carnivale, qui s’est prolongée par un cadre de jeu de rôle pour le jeu Promethean : The Created (Onyx Path Publishing) dans lequel j’ai voulu faire jouer mes joueurs. Les années 30, des tempêtes de poussière, de l’étrange et un pays morcelé physiquement et socialement. Pour celles et ceux qui veulent avoir une idée plus profonde, je vous invite à lire du Steinbeck.

Kush est un adolescent préservé de la vie quotidienne de cette période, vivant dans la petite ferme familiale loin de tout. Il est naïf et passionné. Ruben, à l’instar d’une créature de Frankenstein, est un corps morcelé qui découvre l’humanité sous toutes ses facettes. Les deux vont se rencontrer et se compléter pour faire face au complot d’une société secrète.

Ya Book : Le personnage de Ruben est un subtil mélange de plusieurs origines. Comment le définiriez-vous et quelles sont vos influences pour ce personnage en particulier ?

Fabien Fernandez : Ruben est le mélange de personnes. Il est composé du « meilleur de l’humain » selon les termes de ses créateurs. Des créateurs pas forcément bien pensants, mais avec un esprit pratique et factuel. Il a ainsi par exemple un bras de soldat et une jambe d’athlète. Pour autant, il ne prendra vie que grâce à l’intervention de Kush et sa magie. C’est ce mélange qui fait naître en lui cette étincelle d’humanité qu’il va entretenir et alimenter au fil du récit. L’influence est évidemment la créature créée par Mary Shelley, mais en dehors de cela, Ruben est un regard sur la société, sur l’être humain, ce qu’il a été et ce qu’il est. Il se questionne sur ses travers et ce qu’il peut y avoir de meilleur.

Ya Book : Dans le roman les Forgerons s’opposent aux Alchimistes, pouvez-vous nous présenter ces deux factions opposées ?

Fabien Fernandez : Les Forgerons et les Alchimistes sont deux anciennes factions. Les Forgerons sont les héritiers d’une magie en lien avec la nature et ses éléments. Au fil des âges, ils ont canalisé cette puissance par des rituels que l’on qualifierait comme païens. Certains, se voient d’ailleurs comme les porteurs du savoir d’Odin, le dieu nordique qui s’est arraché un œil pour obtenir le Savoir. En face, il y a les Alchimistes, une branche des Forgerons qui s’est formée avec les pensées Raisonnables, l’ordre et les religions monothéistes. Pour eux, il ne doit y avoir qu’un seul regard dans un seul moule pour que l’humanité avance vers un futur parfait… qu’ils gouverneraient. Peu importe les dommages collatéraux, s’ils arrivent à leurs fins. 

Petit à petit, les Alchimistes ont éradiqué les Forgerons à force de monothéisme galopant et de chasses aux sorcières. Dans les années 30, les Forgerons sont très rares tandis que les Alchimistes occupent des postes clés du pouvoir. Un conflit inégal, une sorte de Kush et Ruben contre le reste du monde…

Ya Book : Dust Bowl aborde de nombreuses thématiques écologiques et politiques et bon nombre de sujets sensibles de l’Amérique des années 30. L’argot typique de l’époque utilisé dans ce roman n’est pas non plus pour nous déplaire. Comment le travail documentaire s’est-il organisé ?

Fabien Fernandez : La magie d’Internet ! J’entends par-là que les ressources sur les Dust Bowl ne se trouvent pas aisément en France, il faut lire la langue de Roosevelt pour se lancer dans ces investigations. Il y a des sites, des documentaires (notamment les excellents de Ken Burns), les articles… Dans la langue de Molière, on peut l’aborder par les romans de Steinbeck (Un combat douteux…) ou des essais sur l’Amérique de l’époque et ses hobos (Vagabonds de la vie – autobiographie d’un hobo de Jim Tully), la grande dépression (Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression de Studs Terkel ou Une saison de coton de James Agee) et les photographies notamment de Dorothea Lange.

À cela, il y a encore le jeu de rôle. Dans le même jeu cité auparavant, les auteurs donnent leurs références, par exemple un ou deux sites où trouver l’argot de l’époque. Une fois ingurgité tout cela, j’ai laissé mijoter dans mon cerveau et j’ai puisé pour écrire ce qu’il en restait.

Ya Book : Comment avez-vous découvert le Dust Bowl et le travail de Dorothea Lange ?

Fabien Fernandez : Au travers de la série Carnivale de Daniel Knauf pour l’époque. Dorothea Lange, je l’ai (re)découverte en faisant des recherches. Elle fait partie de ces artistes que tout le monde connait à force de voir ses clichés, mais on s’en rend compte que plus tard. Elle a fait partie de ces photographes qui ont brossé le tableau d’une époque. C’est une artiste incontournable par son talent et son témoignage, mais comme souvent mise en retrait des livres d’histoire de l’art car c’est une femme.

Ya Book : Avez-vous d’autres projets, jeunesse ou non, en cours ?

 



Fabien Fernandez : Je viens de terminer l’écriture de Nola Forever pour la collection Électrogène chez Gulf Stream éditeur. On y parlera de Roméo et Juliette, de la Nouvelle Orléans, de cuisine et de réseaux sociaux. Et comme j’ai pu voir le projet de couverture, je peux vous dire qu’il rendra très bien posé à côté de Detroit. À côté de ça j’ai un projet traitant d’aphasie qui attend une réponse d’éditeur et j’ai déjà une idée pour un troisième Électrogène si mon éditrice le valide. J’ai un roman « adulte » qui sort chez Pygmalion en fin d’année : On reconstruit bien les maisons après l’ouragan.

Si tout va bien, on devrait aussi offrir une suite à Ayati, ma BD jeunesse dans la collection Miss Jungle chez Steinkis qui vient de sortir, avec la talentueuse Sandra Violeau au dessin. J’ai également une idée pour une extension à D-Start, mon coffret pour découvrir le jeu de rôle chez Matagot (j’attends l’aval de l’éditeur) et je prépare un supplément pour le jeu de rôle Within chez Sycko (attention, là on est dans l’horreur). J’ai également pour projet un carnet de voyage traitant de littérature de genre et de Nouvelle Angleterre en préparation avec mon co-auteur et ami Guillaume Herlin.

Ya Book : Reverrons-nous Kush et Ruben prochainement ? (on espère que oui !)

Fabien Fernandez : Pour l’instant, pas de suite prévue. On retrouve l’univers dans l’anthologie Renaissance et temps moderne chez Rivière Blanche. Toutefois, si une bonne histoire devait naître avec ces héros, ne doutez pas que je la soumettrais à ma formidable éditrice chez Lynks.

Ya Book : Nos lecteurs pourront-ils vous retrouver bientôt en dédicace ?

Fabien Fernandez : Pour l’instant, je file aux Imaginales, ensuite, début juin je serai au salon Croq Lecture à Magny-en-Vexin, puis en octobre au salon Interpolar de Reims et celui de Montrouge… et évidemment, au salon du livre et de la presse Jeunesse à Montreuil.


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