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Interview 2018 : Josée Bonneville pour la maison d’édition Les Heures Bleues
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Maison d'édition Les Heures Bleues
éditrice Josée Bonneville
Pour les11 ans et +

Partons à la découverte de cette structure et de la collection "Périscope" !

Mes Premières Lectures : Bonjour et merci de répondre à nos questions ! Pour commencer, pourriez-vous vous présenter ainsi que les éditions Les Heures Bleues à nos lecteurs ?

Josée Bonneville : Fondée il y a plus de vingt ans, la maison d’édition Les Heures bleues a été rachetée en 2016 par Pierre Desautels et moi-même, Josée Bonneville. Elle publie actuellement quatre collections. Parmi les plus anciennes, on compte les « Carnets » et « Les p’tites heures ». Les « Carnets », ce sont de beaux et grands livres illustrés par des aquarelles ; chacun présente une ville ou une région du Québec mais, au nombre des 25 publiés à ce jour, on en trouve aussi un sur Paris, un sur Mexico et un sur le Kilimandjaro. 



 

« Les p’tites heures », quant à elle, est une collection d’albums destinés aux jeunes enfants de 3 à 8 ans environ ; elle compte 34 titres. Les deux autres collections, enfin, ont vu le jour à l’automne 2017 : « Qu’en savons-nous ? » et « Périscope ». « Qu’en savons-nous » est une collection de vulgarisation scientifique destinée aux adultes. Chaque livre compte 64 pages abondamment illustrées et développe 27 sujets reliés au thème principal.

Mes Premières Lectures : Vous avez lancé il y a peu la collection « Périscope », une collection de petits romans aux thématiques sociales. Comment est née cette collection ?

Josée Bonneville : C’est la lecture de La bassine rouge, un manuscrit que m’avait fait parvenir Pascal Millet, avec qui j’avais déjà travaillé dans une autre maison d’édition, qui nous a donné l’idée de cette collection. Le roman se déroule au Malawi, en Afrique, et montre, à travers les yeux d’une fillette de 12 ans, le peu de sensibilité des Blancs aux conditions de vie difficiles de la population du village où ils sont en train de construire une route. En surélevant cette route, ils permettront aux camions de transporter le pétrole pendant la saison des pluies, mais ils provoqueront du même coup l’inondation du village. Cette histoire troublante nous a donné l’idée de mettre sur pied une collection de romans présentant des problématiques sociales.

Mes Premières Lectures : Pouvez-vous nous présenter la ligne éditoriale de la collection ? Quelles sont les spécificités de « Périscope » ? A partir de quel âge la conseillez-vous ?

 

 


Josée Bonneville : L’objectif de la collection est de divertir les jeunes lecteurs en leur racontant une bonne histoire, mais aussi de leur faire découvrir un univers différent du leur et, éventuellement, de leur faire prendre conscience d’enjeux sociaux, écologiques, économiques ou politiques.

Ainsi,  La bassine rouge les conscientise à des problèmes anciens (la traite des Noirs) et nouveaux vécus par les Africains : les maladies (tuberculose, paludisme, sida), le pillage des ressources naturelles par les Blancs, l’exploitation des Noirs (la mère de Faye, la jeune narratrice, travaille dur, chez des Blancs, pour un maigre salaire), etc. Mes 162 voisins, par ailleurs, les familiarise avec un phénomène devenu très important au Québec : la présence de travailleurs étrangers sur les fermes, l’été. Il donne un aperçu des raisons et de la durée de leur séjour, de leurs conditions de travail et de leurs habitudes de vie.

Chaque roman de la collection doit raconter un épisode dans la vie d’un ou d’une enfant de dix ou douze ans qui découvre un univers qui ne lui est pas familier (le monde des travailleurs étrangers temporaires dans Mes 162 voisins) ou vit dans un univers qui n’est pas familier aux lecteurs (un village du Malawi dans La bassine rouge). Dans un cas comme dans l’autre, il est important que le point de vue adopté soit celui de l’enfant, que ce soit à travers ses yeux que le lecteur découvre un nouvel univers. L’histoire racontée est fictive, mais l’univers présenté est réel. Le roman ne doit être ni didactique ni moralisateur ; il doit être avant tout vivant et divertissant.

Chaque roman, qui compte entre 8000 et 9000 mots, est suivi d’un texte explicatif de quelques pages sur l’univers présenté. Il est illustré et s’adresse aux jeunes de 9 et plus.

Mes Premières Lectures : Deux romans sont donc parus pour l’instant : Mes 162 voisins de Françoise Cliche et La bassine rouge de Pascal Millet, tous deux illustrés par Julie Capitaine. Comment avez-vous sélectionné et travaillé ces romans ?

Josée Bonneville : Tel qu’expliqué précédemment, c’est La bassine rouge qui nous a donné l’idée de la collection. Le manuscrit présenté était cependant trop court et j’ai demandé à Pascal Millet d’en développer l’histoire, ce qu’il a aimablement accepté de faire et a très bien fait. Il faut dire que c’est un écrivain d’expérience qui, à ce jour, a publié une vingtaine de livres dont la moitié pour la jeunesse. Quant à Mes 162 voisins, je l’ai commandé à Françoise Cliche, une auteure avec laquelle j’avais déjà travaillé et que j’estime beaucoup ; elle a répondu haut la main à mes attentes.

Mes Premières Lectures : D’autres titres vont-ils paraître prochainement ?

Josée Bonneville : Trois titres sont prévus pour 2018. Le premier, Au pays de l’oubli, écrit par Jean Chapdelaine Gagnon, aborde la maladie d’Alzheimer ; il paraîtra au printemps. On y voit un jeune narrateur qui, au fil de ses rencontres avec sa grand-mère adorée, observe avec étonnement et tristesse l’évolution de la maladie chez elle. Il me semble important d’aborder ce sujet dans la mesure où plusieurs personnes âgées sont atteintes de cette maladie et où, par conséquent, plusieurs enfants sont les spectateurs impuissants et malheureux de ses effets sur elles. Les deux autres titres paraîtront à l’automne ; l’un abordera des problèmes écologiques et l’autre aura pour narrateur un jeune Inuit qui vit dans le Grand Nord québécois.

Mes Premières Lectures : Souhaitez-vous rajouter quelque chose pour nos lecteurs ?

Josée Bonneville : La collection s’adresse aux préadolescents, donc à des jeunes qui s’ouvrent au monde et tâchent de comprendre comment il est fait. Puisse ces romans leur ouvrir de nouveaux horizons tout en leur procurant de bons moments de lecture. 

Les ouvrages de cette structure sont disponibles au Québec et au Canada mais également à La Librairie du Québec à Paris !


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