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Interview 2018 : Morgane Caussarieu pour Rouge Toxic
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Maison d'édition Editions ActuSF
auteur Morgane Caussarieu
Pour lesYabook

Rencontre avec Morgane Caussarieu pour en savoir plus sur Rouge Toxic, dans la collection Naos des Indés de l’Imaginaire !

« Un vampire au lycée… Quelle idée absurde ! »

Ya Book : Bonjour Morgane et merci de prendre la parole sur ce site ! Pour commencer, pourriez-vous vous présenter ainsi que votre parcours pour nos lecteurs ?

Morgane Caussarieu : J’ai 30 ans, et à mon actif j’ai un essai (Vampire et Bayous : sexe, sang et décadence, la résurrection du mythe en Louisiane) et 4 romans. Mon premier, Dans les veines (Mnémos), revenait à un vampire sanglant et amoral, un anti-Twillight qui s’inscrivait dans le genre splatterpunk, et qui a fait de moi une sorte de Poppy Z Brite à la française. Mon deuxième roman, Je suis ton ombre, explorait l’enfance traumatisée et la perte de l’innocence, et constitue un spin off de Dans les veines. Il a été couronné par deux prix, à ma plus grande joie. Je me suis ensuite essayée à la littérature blanche avec Chéloïdes, chronique punk, puisant pour l’écrire dans mes expériences underground.

Actuellement, je vis à Berlin où j’évolue dans les scènes techno et post-punk.

Ya Book : Vous avez publié Rouge Toxic en début d’année chez ActuSF dans le label Naos, plutôt orienté young-adult. Après Je suis ton ombre et Dans les veines, vous voici de retour avec les vampires, mais dans la jungle cruelle du lycée ! Pouvez-vous nous présenter Faruk et Barbie, les deux protagonistes principaux du récit ? Pourquoi se retrouvent-ils tous les deux à Mission High, un lycée de San Francisco ?

Morgane Caussarieu : Barbie a 15 ans, et a été traumatisée par la mort récente de son père, ce qui l’a rendue mal dans sa peau, et misanthrope. Ce n’est pas peu dire qu’elle a un caractère de chien. Elle peine à s’accoutumer à son nouveau lycée où elle ne trouve pas sa place, et à ce père de substitution, Abraham, son tuteur légal, qui la surprotège. Mais on comprend petit à petit que celui-ci a de bonne raison d’être inquiet pour elle, car le sang qui coule dans ses veines est différent et fait d’elle la cible d’individus effrayants.

De son côté Faruk a aussi l’air d’avoir 15 ans, mais lui ça fait plus de 200 ans qu’il se les traînent. Il est à moitié amnésique, ne se rappelle plus de son nom, et vit dans le ghetto de San Francisco, en se nourrissant des clochards et des dealers. Mais un jour, on vient lui proposer un étrange marché difficile à refuser : veiller sur Barbie, et en échange, on lui permettra de retrouver son créateur, qu’il a cherché sans relâche des siècles durant. Il a donc une raison valable pour se retrouver sur les bancs de l’école. C’était important pour moi, car j’ai toujours trouvé idiot ces romans où les vampires vont au lycée, car franchement, qu’irait foutre un grand saigneur à traîner avec des ados idiots et à apprendre sans arrêt les mêmes cours ?

Entre Barbie et Faruk va alors se jouer un manège de séduction-répulsion, pour le moins toxique. Et aussi, au contact de l’adolescente, le vampire va retrouver les souvenirs de son humanité perdue. 

Ya Book : Quel a été le point de départ de ce roman ? L’envie de donner une explication plus scientifique au vampirisme ? De parler des addictions, sous toutes leurs formes ?

Morgane Caussarieu : Oui les addictions, c’est un thème central dans la plupart de mes livres, c’est une question qui me touche de près. Rouge Toxic l’aborde de manière détournée avec la dépendance au sang, qui complique la vie de Faruk puisqu’il n’a pas le droit de tuer dans l’enceinte du lycée. Il est donc très souvent en manque. Il subit aussi la dépendance à la lumière du soleil retrouvée. En effet, pour aller en cours durant le jour, Faruk doit s’injecter une intramusculaire de sérum deux fois par jour, souvent à l’abri des regards, dans les toilettes.

Rouge Toxic traite de la marginalité, du fait d’être rejeté ou bien intégré. Le microcosme cruel du lycée est parfait pour travailler sur ces aspects. 

Dans Dans les veines ou Je suis ton ombre, je ne donnais qu’une origine très floue au vampirisme, et ne l’expliquais jamais. Avec Rouge Toxic c’était l’occasion de creuser plus en avant ma mythologie, de l’étoffer par une explication scientifique. Je ne pense pas que ça donne plus de réalisme, au contraire, nous sommes dans une science fantasmée, mais ça ouvre d’autres possibilités, et ça rend plus tangibles les personnages, ça excuse leurs attitudes. Ils sont contaminés par des micro-organismes, ils sont malades, et pas forcément totalement responsables de leurs actes.

Ya Book : Des liens sont faits avec vos précédents romans : voyez-vous ces trois romans comme faisant partie d’un même univers ?

Morgane Caussarieu : Oui, c’est comme une grande saga dont chaque tome peut se lire indépendamment, et qui se décline sous différentes formes. Ils sont reliés par leurs thèmes et leurs personnages, mais le style change beaucoup à chaque fois.

Ya Book : Les références et clins d’œil ne manquent pas et convoquent tout un imaginaire, notamment contemporain et plutôt cinématographique, de Buffy à Twilight (mais pas seulement !). Une manière d’ancrer ce titre dans son époque ?

Morgane Caussarieu : Oui. Avec Dans les veines, j’avais peut-être parodié trop franchement des œuvres comme Twillight. Ici, j’y fais référence, je les détourne, je joue avec mais je ne me moque pas. Au contraire, je tente d’embrasser ce qui fait leur force en me débarrassant de cette mièvrerie qui ne me plaît pas. Buffy, pour moi, c’est LA référence, je suis une immense fan, et ça faisait très longtemps que je voulais écrire une histoire un peu légère qui allie drame et comédie, et qui se passe au lycée. Mais je ne pouvais pas me référer qu’à la forme Buffy, sinon ça n’aurait parlé qu’aux gens de ma génération, car Vampire Diaries est passé aussi par là, a bouleversé les codes, et il faut avoir ces nouveaux codes là en tête, je pense, pour écrire pour les ados d’aujourd’hui, si l’on veut jouer efficacement avec.

En ayant toutes ces références en tête, j’ai ensuite essayé de m’en éloigner le plus possible dans la 2e partie, et de faire ma petite sauce à la Caussarieu.

Ya Book : La fin de Rouge Toxic nous semble plutôt ouverte. Un second tome est-il possible et/ou prévu ? On ne dirait pas non à Barbie, chasseuse de vampire en Louisiane…

Morgane Caussarieu : Oui, moi non plus, je ne lui dirais pas non. J’ai plein d’idées pour ce second tome qui dépendra du succès de Rouge Toxic. Notamment le retour en force de l’enfant vampire Gabriel, qu’on sait en posture étrange à la fin de Je suis ton ombre. Ce second tome serait presque une conclusion à toute la saga d’ailleurs, et on y rencontrerait le tout premier vampire.

Ya Book : Avez-vous d’autres projets, jeunesse ou non, en cours ? 

Morgane Caussarieu : En août 2018, sort au Serpent à Plumes (groupe Le Seuil-La Martinière) mon second roman de littérature générale, Techno Freaks, qui suit des starlettes dans les clubs techno de Berlin durant un week-end de quatre jours, sur fond de Berghain, de GHB et de kétamine.

Ya Book : Nos lecteurs pourront-ils vous retrouver bientôt en dédicace ?

Morgane Caussarieu : Oui, très bientôt aux Imaginales, et dans quelques mois aux Halliennales.


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