Description logo pour referencement
   
Interview d’Emma Lanero pour L’Oeil de Chaac !
A la Une
auteur Emma Lanero
Maison d'édition GULF STREAM éditions
Pour lesYabook

Rencontre avec Emma Lanero pour parler de son premier roman, publié chez Gulf Stream Éditeur !

Aujourd’hui, petite séance de questions/réponses avec Emma Lanero, autour de la publication de son premier roman chez Gulf Stream Editeur dans la collection Electrogène : L’Oeil de Chaac.

 

Bonjour Emma, et merci de répondre à nos petites questions. Pourriez-vous tout d’abord vous présenter aux lecteurs de Yabook ?


Emma Lanero est un pseudonyme. Je ne souhaitais pas me mettre en avant et si mon éditrice avait écouté mes doléances un peu irréalistes, le roman serait paru avec le nom d’auteur « Anonyme » ! Je pars du principe que seule l’œuvre est importante, la publicité faite autour de la personnalité de l’auteur et son apparence ne devrait surtout pas entrer en ligne de compte. Cela va bien évidemment un peu à contre-courant de notre société de consommation actuelle surtout basée sur l’image. Mais je ne renie pas ce petit côté frondeur !


Vous venez de publier L’œil de Chaac, chez Gulf Stream Editeur. C’était une belle découverte pour nous, et c’est votre premier roman. Comment s’est passé la rencontre avec cet éditeur et la publication du roman ?


J’écris depuis l’âge de neuf ans et j’ai commencé à sérieusement réfléchir à des histoires ayant du sens et procurant de l’émotion au lecteur à l’âge de 15 ans. Soit plus de 20 années d’écriture acharnée, sans résultat probant de publication pendant longtemps. L’Œil de Chaac a été écrit il y a douze ans, et, lorsque je l’ai envoyée chez Gulf Stream Editeur, je m’étais dit : « C’est la dernière fois que j’envoie un manuscrit à un éditeur ! ». La persévérance a payé et c’est ce que je conseillerais à tous les auteurs en quête de publication, de s’accrocher à leur rêve tout en acceptant de se remettre en question au bon moment, lorsque viennent les corrections éditoriales. J’ai eu la chance de vivre une très belle rencontre par le biais de ce texte avec Paola Grieco, la directrice éditoriale de Gulf Stream, qui a vraiment porté ce texte. Par ailleurs la rencontre a été plurielle car Gulf Stream Editeur, c’est avant tout une équipe très dynamique et sympathique.

 


Vous parlez notamment dans cet ouvrage de la civilisation et des croyances mayas. Pourquoi avoir choisi cette civilisation ? Avez-vous effectué beaucoup de recherches sur ce sujet passionnant ?


Les recherches sont un des fondements du travail de l’auteur, prenant souvent autant de temps, voire plus, que l’écriture en elle-même. La civilisation maya me passionne par le mystère de sa disparition dont je propose une explication tout à fait fictionnelle dans le roman. Par ailleurs je suis très attirée par les « peuples premiers » - j’ai ait une partie de mes études à l’Ecole du Louvre- et par les civilisations lointaines, qui sont pour moi le terreau d’innombrables idées de romans !


Votre style d’écriture est très détaillé et fait appel aux cinq sens du lecteur. Vous utilisez également beaucoup de symboles, ce qui fait de ce roman un roman tiroir, avec plusieurs clés ! Avez-vous passé beaucoup de temps à retravailler certains passages, afin de « renforcer » cette sensorialité ?


La synesthésie du style est pour moi fondamentale. J’apprécie tout particulièrement le courant artistique du symbolisme et un certain nombre de références dans le roman sont volontairement codées pour maintenir le côté mystérieux du texte. On peut vivre l’aventure de lecture de ce roman au travers de plusieurs filtres que je nommerai « dimensions » :

 

  • La dimension « Indiana Jones » : La quête d’un artefact sous la pression d’une menace imminente, dimension purement factuelle qui oblige le lecteur à sans cesse tourner les pages, les péripéties s’enchaînent à cent à l’heure ;

 

  • La dimension écologique : La Nature est personnifiée, la Sphère est vue comme un moyen de lui rendre son pouvoir. Elle se rebelle.

 

  • La dimension onirique : La technique de la bilocation utilisée dans le manuscrit renvoie, outre à des références chamaniques bien réelles, à des références plus classiques. (par exemple La vie est un songe de Calderon). La vie telle que nous la vivons n’est-elle pas une illusion ? Les rêves et visions plus réels que la réalité que nous percevons ?

 

  • La dimension taoïste : elle est très présente dans les scènes d’action, je vous donne cette citation qui vous permettra de mieux comprendre comment et pourquoi j’ai écrit les scènes d’action de cette façon :


« Pour les Taoïstes, la méditation dans l’activité est mille fois supérieure à la méditation au repos. C’est seulement quand il y a le calme dans le mouvement que le rythme universel se manifeste »


Les enseignements taoïstes se révèlent par des questions et réponses énigmatiques. Tout n’est pas expliqué à chacun d’y puiser des forces nouvelles. Est également présente la relation de maître à disciple, mentor à élève si essentielle au scénario de film américain, avec le concept de quête. La philosophie taoïste est une école de la maîtrise de soi et de l’acceptation, elle s’inscrit dans l’arc dramatique des deux protagonistes, Kaya et Keith.


Un point en passant : ce fameux point de rupture, le Ch’i, évoqué à plusieurs reprises est une référence aux arts martiaux. 


Par ailleurs le rythme du roman est également fortement imprégné des mangas japonais, l’action effrénée décrite à coups de phrases brèves pour ensuite s’apesantir sur la beauté infime d’une chose toute simple pendant de longs paragraphes. L’expérience de lecture doit se vivre par tous les sens, se ressentir profondément, mais le sens visuel prédomine. J’en donne comme exemple les effets de travelling cinématographique par le biais des changements de points de vue au travers du regard d’animaux « spectateurs » ou « acteurs ».


Il existe une cinquième dimension dont je ne parlerai pas, j’attends le lecteur qui la découvrira :)


Les descriptions de l’Amérique du Sud nous font rêver mais témoignent aussi de la difficulté de la vie dans ces pays. Avez-vous déjà voyagé au Venezuela ou au Guatemala ?


Je vais peut-être décevoir certains lecteurs mais non, je n’ai jamais voyagé dans ces pays fascinants. Pour des raisons matérielles, je n’ai jamais eu la chance de voyager là où je l’aurai souhaité, hormis en Chine, j’ai donc développé une grande capacité de « voyage intérieur » qui se traduit par une sensation d’être « au cœur » de l’action pour le lecteur. Je suis avant tout une grande rêveuse.


Je travaille énormément à partir de photos, et j’ai la capacité de m’immerger complètement dans l’image pour en extraire l’émotion par des mots. Par ailleurs j’avais également à l’esprit le style foisonnant et excessif des grands auteurs sud-américains, Borges et Garcia Marquez en tête, et l’emploi luxuriant d’adjectifs ainsi que la syntaxe chargée est un hommage un peu détourné à leur œuvre immense.


Votre roman aborde également des sujets écologiques, et notamment les catastrophes naturelles avec l’ouragan Katrina. Est-ce un sujet qui vous tient à cœur ?


La protection de l’environnement est une préoccupation majeure. L’être humain a reçu de multiples avertissements et malgré tout la destruction de la planète continue. Je ne suis guère optimiste quant au devenir de l’espèce humaine sur cette planète. Etant assez cynique de nature, pour moi, il est déjà trop tard.


Avez-vous d’autres projets en cours, d’autres publications de prévues ? On espère vivement que oui !


L’œil de Chaac est un roman d’aventures pur et dur avec des éléments de fantastique, et je remercie vraiment Gulf Stream d’avoir eu le courage de publier de genre de roman qui est loin d’être à la mode actuellement. Je travaille sur énormément de projets en même temps, mais j’entre à présent dans une phase de recentrage pour ne pas m’éparpiller. Malheureusement pour moi j’ai mille idées à la minute, il faut savoir se poser pour faire le tri. J’ai achevé fin 2015 une comédie noire traitant de thèmes sensibles et je suis actuellement à la recherche d’un éditeur pour ce texte très fort. Je ne choisis pas la facilité car le genre de la comédie noire en littérature ado n’est pas non plus évident à publier !


Je travaille actuellement sur un thriller psychologique avec des thématiques assez lourdes, je ne sais pas encore s’il sera à destination des adolescents ou des adultes.


Y a-t-il des salons ou des festivals où vos lecteurs pourront vous rencontrer prochainement ?


Je vais participer aux Imaginales qui se déroulent le dernier week-end de mai à Epinal, et j’y donne avec plaisir rendez-vous aux lecteurs…

 


 

Merci Emma pour ce bel échange ! Et stay tuned pour la chronique !

2 Messages de forum


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Tous les articles pour

Nord Pas-de-Calais Lorraine Alsace Franche-Comté Provence Alpes Côte d'Azur Languedoc Roussillon Champagne-Ardennes Picardie Haute-Normandie Ile de France Bourgogne Rhône-Alpes Auvergne Midi-Pyrénées Aquitaine Limousin Poitou-Charentes Centre Basse-Normandie Pays de Loire Bretagne Corse

Interview d’Emma Lanero pour L’Oeil de Chaac ! : Mes Premières Lectures