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Interview de Lilian Bathelot pour l’école de la mort
A la Une
auteur Lilian Bathelot
Parution2013-07-22
Pour les11 ans et +

A l’occasion du recueil de nouvelles "L’école de la mort" paru chez Gulf Stream, nous avons interviewé les quatre plumes qui ont participé à l’aventure....

Pourriez-vous tout d’abord vous présenter brièvement ? Quel a été votre parcours ?


J’ai un parcours anarchique, ce qui n’est pas surprenant...

J’ai touché à beaucoup de choses, depuis la philosophie que j’ai enseignée cinq années durant, jusqu’à la direction d’un groupe de communication. ... En passant par des usines où j’ai fait manoeuvre, par le bâtiment, où j’ai travaillé le marbre...
Sans parler du métier de saltimbanque puisque j’ai aussi été cracheur de feu, le temps d’une saison estivale alors que j’avais tout juste dix-sept ans...

Le fait est que dès que je sens avoir fait le tour d’un métier (ce qui peut prendre de quelques mois à plusieurs années selon le cas) j’ai envie de passer à autre chose, à d’autres découvertes, d’autres apprentissages, d’autres rencontres.
Je suis fabriqué ainsi.

J’écris des romans depuis une quinzaine d’années maintenant et j’aime beaucoup cela. Et je compte continuer tant que des éditeurs, tant que les lecteurs aimeront mes livre. Oui, je compte continuer. Même si je consacre désormais une part de mon temps à la réalisation de films...
 

Pourquoi avoir voulu faire des nouvelles sur monde de l’école et de l’apprentissage en général ? Est-ce une idée de l’éditeur ou y pensiez-vous déjà avant ?

En vérité, j’ai simplement bâti ces deux projets à la demande de Thierry Lefèvre, directeur de la collection Courants noirs qui m’a sollicité à la suite de mes deux romans parus dans cette collection et qui ont bien marché.
Cela dit, j’ai trouvé cette idée passionnante, bien vue, et j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ces textes...
 

Avez-vous fait beaucoup de recherches historiques avant d’écrire chacun votre histoire ?

Comme je suis à la fois assez paresseux et rigoureux, je me débrouille en général pour situer mes romans dans des contextes que je connais bien, pour être sûr de ne pas faire d’erreur sans avoir trop de travail de documentation à effectuer.

Par bonheur, je suis très curieux et j’ai une bonne mémoire, ce qui fait que je connais assez bien de nombreux univers auxquels je me suis intéressé à un moment de ma vie...

C’était le cas ici, pour les deux époques dans lesquelles j’ai choisi d’ancrer mes nouvelles de L’Ecole de la mort  :

La préhistoire d’un côté (Tatoo cœur), qui est une passion de longue date car je pratique l’archéologie expérimentale depuis des années, et la bataille de Stalingrad car je connais bien l’URSS en général, et ses armées et ses armes en particulier.
Comme je suis par ailleurs un (très) bon tireur (j’ai des cartons entiers de médailles et de coupes dans mon grenier...), et que je connais un peu l’art du tatouage, je n’ai pas eu besoin de beaucoup me documenter pour écrire ces histoires sans risque de faire d’erreur !
 
 
Nous avons particulièrement apprécié votre nouvelle, l’oeil du loup, par sa mélancolie et sa rage de vivre mêlées ainsi que son beau retournement de situation, pourquoi avoir eu envie de parler de la Russie des années 40 ?

Merci pour votre commentaire sympathique sur cette nouvelle. Il me touche d’autant plus que j’ai une tendresse toute particulière pour ce texte. J’aime beaucoup ces deux filles.

Le point commun des soldats de toutes les guerres, c’est qu’il s’agit presque toujours de très jeunes gens et, dans certains cas, comme dans L’Œil du loup, de toutes jeunes filles.
A l’âge où, dans notre monde, on va au lycée, on fait la fête avec ses amis, on s’aime, on rit, on passe des nuits blanche, on demande à ces jeunes soldats de faire des choses surhumaines, d’être des héros, de jouer avec leur vie pour prendre celles d’autres jeunes,là-bas, en face, dans la poussière de la guerre.

Je déteste la guerre, évidemment. Mais le destin de ces jeunes qu’on envoie dans l’enfer du front, dont beaucoup ne reviennent jamais a quelque chose de tragique bien sûr, mais aussi de fascinant.
C’est une matière de roman fantastique... Et l’univers de la bataille de Stalingrad est particulièrement poignant, fort, romantique. Ces jeunes filles tireur d’élite m’ont fasciné lorsque j’écrivais ces lignes. Je me suis senti très proche d’elles. De leurs gestes, de leur cœur qui bat quand elles ajustent leur ligne de mire, de leurs désirs de jeune filles qui battent sous leurs vareuses de soldat.
Non, en vérité, ne me suis pas senti proche d’elles, je me suis senti elles.

J’ai eu beaucoup d’émotion en découvrant leur histoire prendre forme sous ma plume. Beaucoup d’amour pour elles. Et quelques larmes qui sont tombées sur mon clavier.


Y a-t-il eu une volonté de reprendre le titre du roman de Daniel Pennac ?


Non, je ne connaissais pas ce roman... (je lis assez peu de romans pour un auteur...) C’est Thierry Lefèvre qui m’a appris son existence quand il a découvert ma nouvelle. J’ai hésité à le changer... Mais comme ce titre colle parfaitement à mon histoire, qu’il en est pratiquement indissociable, nous avons finalement décidé de le conserver malgré ce précédent fameux.


Si vous ne deviez faire passer qu’un seul message à travers l’une de vos nouvelles, quel serait-il ?


Quand il n’y à qu’un seul message, il est caricatural par la force des choses.
Je n’ai aucune envie de faire passer un seul message...

 


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