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Interview de Nadia Coste
A la Une
Maison d'édition SCRINEO éditions
auteur Nadia Coste
Pour lesYabook

Rencontre avec Nadia Coste autour de son dernier ouvrage : Le Premier, publié chez Scrinéo !

Mes Premières Lectures : Bonjour Nadia, pourriez-vous vous présenter un peu pour nos lecteurs ?


Nadia Coste : Bonjour ! Je m’appelle donc Nadia Coste, j’ai 35 ans, 3 enfants, et 16 romans ! Je suis venue à la lecture assez tard, vers 18 ans, lorsque j’ai rencontré les littératures de l’imaginaire. Depuis, j’écris pour la jeunesse, aussi bien pour les enfants, que pour les ados… et les adultes qui, comme moi, vont chercher leur bonheur dans ces rayons-là !


Vous venez de sortir Le Premier aux éditions Scrineo, comment s’est passé votre rencontre avec cet éditeur ?

 


Ce roman a une histoire à part. D’abord, c’est le premier roman que j’ai proposé à des éditeurs alors qu’il n’était pas terminé. Certains éditeurs ne voulaient surtout pas publier un roman parlant de vampires (même si le mot n’apparaît jamais dans le texte) et d’autres cherchaient plutôt des histoires urbaines où les vampires ont ce côté charmeur qui fait craquer les filles (ce qui est loin d’être le cas de mon histoire !), je me suis alors rendu compte de la difficulté de ne pas entrer dans des cases existantes.

 

Et puis, j’ai avancé dans la rédaction en me faisant relire par mes amies bêta-lectrices. Parmi elles, Agnès Marot, qui m’avait déjà suivi lorsqu’elle travaillait chez Gründ pendant ses études pour devenir éditrice. Au moment où je m’apprêtais à baisser les bras, Scrineo lui faisait confiance pour développer une collection pour grands ados, un peu plus sombre que ce qu’ils publiaient déjà… elle a tout de suite pensé au Premier, qui rentrait parfaitement dans cette catégorie !

 

L’idée que nous puissions à nouveau travailler ensemble m’a fait très plaisir, et encore plus lorsque Jean-Paul Arif a confirmé son intérêt pour le texte dont il avait parfaitement compris l’enjeu. Je me suis sentie entre de bonnes mains, et nous avons pu sereinement préparer la sortie du roman.


Le Premier nous parle de Vaïn et de son histoire, de son opposition violente à son frère, qui a essayé de le tuer. Y a-t-il des références bibliques particulières dans votre récit ?


Les deux références les plus évidentes sont Abel et Caïn, et Romulus et Rémus. Deux temps, deux lieux différents, mais cette opposition fratricide qui se retrouve, qui se répond. Ça a été l’un des points de départ du récit. On parle parfois de Caïn comme du premier vampire, et la légende autour de la louve nourricière de Romulus et Rémus pouvait apporter quelque chose à l’opposition vampire/loup-garou (qui, si elle est classique, n’en est pas moins intéressante à exploiter).


Votre roman s’inscrit dans la lignée de la littérature vampirique. Quelles sont vos influences dans ce genre précis ? Et quels sont les difficultés pour traiter d’un sujet comme celui-là ?


Je pourrais parler de Dracula (même si j’ai été plus marquée par le film de Coppola que par le roman de Bram Stoker), ou d’Entretien avec un vampire (où j’ai découvert le livre d’Ann Rice bien des années après le film, et j’ai apprécié les deux pour des raisons différentes), mais ma référence majeure reste tout de même Buffy ! D’ailleurs, on retrouve un clin d’œil dans le titre du roman (Le Premier n’est pas sans rappeler The First, opposant important dans la série. Je trouvais dommage que la traduction en français ait diminué la portée du nom en traduisant par « La Force »…).

 


La difficulté, c’est que beaucoup de choses ont déjà été faites, et qu’il me fallait trouver un angle original si je voulais apporter quelque chose d’intéressant. Le lecteur d’aujourd’hui connait bien les codes du vampire, et il était inutile d’avoir un personnage de mentor qui ne servirait qu’à les expliquer ! Par contre, il pouvait être intéressant de voir comment le premier vampire les aurait découverts.


Je voulais aussi retrouver le côté primal des vampires, loin des ambiances du XIXe siècle romantique-chic, et loin des vampires modernes qui plaisent aux filles !


Le Premier est-il ce que l’on appelle un one-shot ou avez-vous prévu une suite ?


Non, pour moi, l’histoire de Vaïn se termine à la fin du roman. La suite, c’est de l’Histoire avec un grand H.


L’idée de mêler la légende du vampire à la période de la Préhistoire est originale. Pourquoi avoir choisi cette époque comme point d’encrage ?


L’idée d’un vampire des cavernes me plaisait, mais je ne me sentais pas de gérer l’évolution psychologique du personnage sur 40 000 ans… donc j’ai plutôt choisi la fin du Néolithique, où la sédentarisation, l’élevage, et les débuts de l’agriculture me permettait de retrouver des symboles présents dans l’opposition d’Abel et Caïn (berger contre éleveur), tout en étant assez éloigné de nous pour rester dans l’idée de vampire primal.


Le Premier semble être un ouvrage plus sombre que vos romans précédents. Pourquoi avoir choisi ces thématiques ainsi qu’un anti-héros ?


Je pense que, si j’écrivais toujours le même roman, je finirais par m’ennuyer ! J’aime donc explorer des ambiances très différentes, de nouvelles époques, soit dans le futur, soit, dans le passé. Ou des nouveaux lieux, de nouvelles cultures…


Pour cette histoire-là, j’avais envie de me pencher sur ces oppositions fratricides qui, pour moi, sont universelles. Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui encore, je dois empêcher mes enfants de s’entretuer ? Qu’est-ce qui n’a pas changé depuis Romulus et Rémus, ou Abel et Caïn ?


Par opposition à Fedeylins, qui est un univers volontairement très lumineux, où on se sent bien, les luttes fratricides m’obligeaient à aller fouiller dans des recoins de noirceur que je n’avais pas encore exploités, et c’était un défi passionnant à relever !


La difficulté a été de choisir un personnage principal auquel je ne voulais pas qu’on s’attache ou qu’on s’identifie, mais dont on ait tout de même envie de connaître l’histoire. Vaïn a ce côté éternel adolescent pour qui rien n’est de sa faute, qui blâme toujours son frère ou quelqu’un d’autre mais se remet rarement en question. Il est, en quelque sorte, le pervers narcissique qui représente le véritable vampire : celui qui aspire l’énergie des autres sans s’en rendre compte. Il était donc hors de question pour moi d’en faire un véritable héros.


Avez-vous d’autres projets en cours ?


Plein ! Essentiellement des histoires pour ado et plus, que ce soit dans le futur autour du clonage (Ricochet), d’une autre façon d’aborder le racisme (AppliAura), ou de la fantasy débridée (Les élémentaires). Et je vais retourner dans l’univers des fedeylins, car j’ai encore beaucoup de choses à dire dans ce monde qui me tient à cœur…

 


Y a-t-il des salons ou des festivals où vos lecteurs pourront vous rencontrer ?


Oui, rendez-vous aux Imaginales, fin mai ! Et ensuite à l’automne aux Aventuriales, le 13 juin aux Futuriales et au salon Lire en Poche, notamment.

Merci à Nadia Coste pour ses réponses détaillées ! Et si vous voulez en savoir plus :


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